Ghesquiere Nicolas - Mâle inspirations 2004
Cliquez sur l'image pour accéder à l'exposition ou sur le lien ci-dessous:
http://web.mac.com/nicolas_ghesquiere/quest_ce_que_lart/Photos_exposition.html
C'est en fait la première présentation de mon travail de réflexion sur "qu'est ce que l'art?"
A la base, cette exposition ne devait pas avoir lieu sous cette forme. En fait je ne devais même pas y participer. A l'époque, la totalité de mon temps était pris par la gestion de l'a.s.b.l et l'organisation des différentes manifestations. J'ai dû remplacer au pied levé Ludovic Demarche qui avait "oublié" qu'il exposait...
A un peu plus de quinze jours du vernissage, alors que nous nous apprêtions à organiser la clôture de l'exposition précédente (S. Vandercam) au Laboratoire, j'apprenais qu'il manquait un artiste pour la suivante. Et malgré leur nombre important d'inscrit, personne ne pouvait être prêt dans les temps.
J'ai donc relevé le défi. J'avoue que ce fut téméraire de ma part, mais ça passait ou ça cassait...
Avec si peu de temps pour réaliser cette exposition, il était impossible de présenter un travail qui soit dans la continuité de ce que je faisais auparavant. Cela aurait pris trop de temps et cela faisait trop longtemps que je n'avais plus rien produit dans ces directions. Il fallait donc que je me dirige vers quelque chose d'autre, quelque chose où l'aspect plastique était mis en retrait au profit d'autre chose.
Partant de cette constatation, j'ai donc décidé de privilégier le concept et l'inter activité de l'événement. Je voulais non seulement faire participer le public mais aussi articuler l'exposition sur un mélange d'autres disciplines qui pouvait ainsi l'enrichir. Par la même, je voulais que cette exposition soit un exemple pour les autres artistes du collectif de ce que l'on pouvait faire au Labo. En effet, pour la plus-part d'entre-eux, il s'agissait de leur première exposition et malgré la profusion de talents et de disciplines à leur disposition, les contacts et les liens avaient du mal à se faire entre-eux.
C'est donc ainsi que ma réflexion sur "qu'est ce que l'art" a démarré. Je me suis posé cette question puis je me suis dis que je la poserais bien aux autres et sur base des réponses que je recevrais, je réaliserais des oeuvres qui seraient représentatives de leur avis.
En cherchant à enrichir le concept par l'utilisation d'autres disciplines, j'ai imaginé qu'un texte pouvait être écrit à partir des réponses reçues et mis en scène lors du vernissage et de visites scolaires (une demande avait précédemment été faite par le professeur de dessin de l'Athénée Saucy, toute proche de la galerie).
Afin de récolter un nombre suffisant de réponses à ma question, je décidais de la poser par le biais d'une carte postale que je remettrais au public présent lors de la clôture de l'exposition précédente. En effet, ARTE venait faire un reportage sur l'exposition de Serge Vandercam et par la même voulait l'interviewer; quoi de mieux pour réaliser mon petit sondage d'opinion?
Mais si je pratiquais de la sorte, il ne me restait plus que 6 jours pour réaliser ensuite les oeuvres, le texte et la mise en scène. N'étant pas compétent dans les deux derniers domaines, je décidai de chercher des collaborations avec les personnes de l'association ou des proches de celle-ci. C'est ainsi que Philippe Cloes se proposa pour l'écriture du texte et Thomas Daumerie pour l'interprétation. Sylvain Plouette s'occupant de la mise en scène de la chorégraphie de Thomas.
Restait alors la réalisation des oeuvres. J'optais pour un code graphique simple et identique pour toutes les oeuvres: même format, fond blanc et cadre noir. Dans le même temps, j'optais pour un collage d'objets représentant les réponses reçues au lieu d'un collage de photos. Je voulais l'objet pour lui même et non la vision de cet objet interprétée par un photographe. Pour cela, il me fallait collecter une réserve en tous genres.
La seule possibilité de trouver cela était le marché St Pholien proche de la galerie et qui avait lieu tous les vendredi matin. Il restait encore 2 dates avant le vernissage dont l'une le matin même. La première me permit de constituer une vague réserve d'objets susceptibles d'illustrer les réponses que j'allais seulement recevoir. La seconde quand à elle me permit de chercher plus précisément puisque se déroulant une semaine plus tard, j'avais reçu les réponses.
Entre temps, après réflexion et discussion avec d'autres membres de l'association, l'idée de jouer avec des miroirs et de projeter les réponses reçues vit le jour. Cela semblait logique pour moi: puisque je partais des réponses du public pour réaliser les oeuvres exposées, cela revenait au même de projeter leur avis dans un cadre vide. L'enchaînement se fit alors assez vite dans ma tête. Si l'ensemble des réponses du public définissait la notion "art", le parallélisme devait se faire entre eux et leurs réponses. Les visiteurs devaient être confrontés au sein de l'exposition avec d'une part leurs réponses représentées sous forme d'oeuvre d'art et projetées en même temps sur des miroirs par le biais de diapositives et d'autre part leur image personnelle qui se retrouve a un moment précis confrontée à leur propre avis.
Par ces superpositions de reflets, tout devait se trouver dans le même plan à un moment précis: le spectateur; son avis et son image de même que les travaux exposés. Cela afin de faire comprendre aux visiteurs que l'art est partout et chez chacun. A tout moment et à chaque instant. Ce sont toutes ces petites choses de la vie, ces rencontres, ces instants vécus (et dont la plus-part d'entre-nous n'y font pas ou guère attention) qui constituent les bases de notre inspiration et de l'orientation que l'on donne à notre travail. Je voulais donc par cela que les personnes qui visitaient l'exposition ne se sentent plus spectateurs mais acteurs dans un processus artistique qui leur est accessible à tout moment dans la vie de tous les jours. Je voulais leur faire comprendre que pour moi, l'art c'est eux et que sans cela rien n'existe.
Cette idée est d'ailleurs représentée plus clairement dans l'exposition par la présentation de deux oeuvres identiques mais symétriques et composées essentiellement de miroirs. La première, intitulée "Moi" se situant à l'entrée de l'exposition est sensée représenter l'avis qu'a le public avant d'entrer dans l'exposition; à savoir "qu'est ce que l'art? Moi" (en tant qu'artiste). La seconde, intitulée "Toi" se trouvant à la sortie de l'exposition est sensée répondre différemment à la même question: "qu'est ce que l'art? Toi" (en tant qu'intervenant (in-) volontaire dans mon processus de création).

Commentaires